Bref historique du STT

Le Syndicat des travailleurs des télécommunications (STT) a célébré son 50e anniversaire en 1999. D'abord connu sous le nom de "Federation of Telephone Workers" (FTW), le nouveau nom TWU a été adopté vers la fin des années 70.

Historiquement, depuis 1949, le Syndicat était exclusivement l'agent négociateur pour les travailleurs de la compagnie de téléphone de la Colombie-Britannique "B.C. Telephone Company (BC TEL)", maintenant connue sous le nom de TELUS. Certains changements ont eu lieu ces dernières années depuis la déréglementation de l'industrie du téléphone en 1992.

Le STT est affilié depuis longtemps au "British Columbia Federation of Labour " et au Congrès du travail du Canada, ainsi qu'au "Communications International" (anciennement P1TI).

Durant les premières 20 années suivant 1949, et pour la majeure partie des 20 dernières années, il y eut peu de conflits de travail majeurs entre le Syndicat et BC TEL. Toutefois, durant la douzaine d'années entre ces deux périodes, de 1969 à 1981, les relations de travail avec BC TEL furent houleuses, c'est le moins qu'on puisse en dire. Des différends majeurs portant sur le salaire et les conditions de travail en période d'inflation, sur les marchés à contrat, la juridiction, les mises à pied, les pensions, et plus récemment la parité salariale, ont causé des tensions entre la compagnie et le Syndicat, résultant en un certain nombre d'arrêts de travail.

Entre 1949 et 1969, plusieurs contrats furent négociés sans avoir eu recours à la grève ni subi de lockout. Vers la fin des années 60, le mouvement ouvrier militant, en général et au sein du STT, s'est amplifié en parallèle avec la hausse du coût de la vie. À l'été 1969, les membres du Syndicat ont fait la grève surtout pour des questions d'argent, demandant des augmentations de salaire justes afin de protéger leur niveau de vie. La grève a duré six semaines et s'est terminée avec l'obtention d'une hausse de salaire de 20 pour cent sur deux années.

En 1973, les travailleurs de OK TEL, filiale de BC TEL, ont fait la grève pour des questions de régime de pension et de parité salariale avec BC TEL. L'entente conclue au terme de cette grève, ainsi que la fusion ultérieure de OK TEL avec BC TEL, ont mené à la négociation d'un régime de pension très solide pour tous les membres et d'un régime d'avantages sociaux bien définis, administrés et financés conjointement, la compagnie contribuant la part du lion du régime.

Le problème de la sous-traitance du travail des membres de BC TEL, ainsi que d'autres considérations telles que les salaires, ont mené à une grève et un lock-out en 1977. Il en résulta une entente obtenue par médiation contenant l'une des clauses les plus solides sur la sous-traitance parmi les compagnies de téléphone de l'Amérique du Nord. Cette clause limitait sérieusement et spécifiquement la quantité et le type de travail qui pouvait être sous-traité par la compagnie et créait un comité mixte sur la sous-traitance et le changement technologique avec un président indépendant possédant le pouvoir d'imposer des ententes en cas d'échec des négociations. La limite à la sous-traitance, ainsi que la clause de la convention collective interdisant la compagnie de mettre à pied des employés pour des raisons de changement technologique, ont effectivement empêché la compagnie de procéder à des licenciements massifs et le Syndicat n'a pas connu la réduction des effectifs qui ont affligé tant de compagnies des télécommunications en Amérique du Nord; pour réduire la taille de l'effectif, la compagnie était plus ou moins restreinte aux rachats volontaires.

Le plus récent conflit majeur de travail eut lieu en 1980-81, lors duquel les grèves tournantes furent suivies d'un arrêt complet et de l'occupation par des syndiqués des immeubles de BC TEL à Vancouver et à Nanaimo. Suite à cette longue grève, la compagnie commença à prendre des mesures pour améliorer le climat de travail, incluant la mise à la retraite de certains gestionnaires "dinosaures" des Relations industrielles. Depuis lors, le STT a réussi à négocier six conventions collectives comprenant des hausses substantielles de salaire sans que du temps ne soit perdu pour des grèves ou des lock-outs.

Depuis 1981, le STT fait campagne sur plusieurs fronts. Le Syndicat s'est farouchement opposé à la déréglementation de l'industrie du téléphone, et ce jusqu'en 1992. Le Syndicat a également résisté à une tentative de licenciements majeurs au début des années 1980, s'adressant au tribunal pour forcer la compagnie à respecter la clause du contrat interdisant les mises à pied pour de simples raisons de changement technologique. Le Syndicat a également résisté, avec un succès mitigé, aux efforts de centralisation des opérations de la compagnie. Les bureaux de quelques petits centres ont fermé leurs portes, mais la campagne de sensibilisation du Syndicat auprès des communautés locales et des dirigeants municipaux a contribué à limiter considérablement les dommages, et moins de membres que prévu ont eu à choisir entre quitter leur emploi et quitter leur communauté. Par la suite, à compter de la fin des années 1980 et jusque dans les années 1990, le Syndicat a travaillé d'arrache-pied pour obtenir la parité salariale pour ses membres féminines. Après trois rondes de négociations, le Syndicat a considérablement réduit l'écart salarial; en 1994, le Syndicat a déposé une plainte de parité salariale auprès de la Commission canadienne des droits de la personne. Cette plainte est encore à l'étude.

Entre-temps, la structure a subi des changements majeurs. Pendant la trentaine d'années après 1949, le sobriquet de la FTW était "le monstre à trois têtes" puisqu'elle représentait séparément trois divisions (Commis, Usine et Service des téléphonistes) , avec chacune ses propres dirigeants et adhérents. Vers 1970, il était devenu clair qu'une telle division en petits nombres d'adhérents n'était pas dans l'intérêt des membres. Plusieurs propositions ont été mises de l'avant. L'une des suggestions était de fusionner avec le TCA (Travailleurs en Communication d'Amérique du Nord) des États-Unis, une autre était de fusionner avec le Syndicat de Bell Canada, alors connu sous l'acronyme STCC. En fait, le TCA et le STCC avaient formé une alliance sans statut en 1972 avec une adhérence commune mais il ne s'agissait que d'une association volontaire et aucune démarche n'avait été prise en vue d'une fusion.

Entre-temps, la Direction du Syndicat était en train de changer, avec Bill Clark remplaçant Bert John comme Secrétaire général de la Division de l'usine en 1970. Au milieu des années 1970, de grands efforts furent consentis en vue de fusionner les trois divisions en un syndicat unique, lequel deviendra éventuellement le Syndicat des travailleurs des télécommunications ou STT. Le concept d'un syndicat unique a fait son chemin et c'est en juin 1997 qu'a eu lieu le premier Congrès du STT.

Le Président du STT nouvellement formé était Bob Donnelley, qui fut remplacé par Bill Clark lors du conflit de 1980. Clark prit sa retraite en 1987 et il fut remplacé par l'Agent d'affaires Larry Armstrong. Lorsque ce dernier prit à son tour sa retraite, le Vice-président Rod Hiebert devint Président. Hiebert fut élu à ce poste en 1991 et il assuma la direction du Comité de négociation du Syndicat. Il continue de servir en tant que Président.

Un changement graduel qui continue de s'effectuer dans la structure et le fonctionnement du Syndicat est le rôle de plus en plus important joué par les femmes. Pendant la première décennie du STT, les trois dirigeants étaient des hommes. Mais, lorsque Don Bremner a quitté son poste de secrétaire-trésorier en 1988, le Syndicat a élu sa première femme au Conseil exécutif, Doreen McMillan.

Le poste de Secrétaire-trésorier a été occupé par une femme à plusieurs reprises, car McMillan a été suivie de Cathy Henderson, Henderson de Carol Nagy, et Nagy a été remplacée par Kathy Pearn, qui a pris sa retraite en avril 2002. Aujourd'hui, environ la moitié des postes de direction sont occupés par des femmes.

Myron Johnson